Image ci-dessus : Le Trace Gas Orbiter (TGO), notre satellite européen équipé de spectromètres belges très sensibles de NOMAD.
Article source : https://aeronomie.be/nl/nieuws/2025/methaan-mars-louter-illusie
L’un des fascinants mystères qui occupent les chercheurs sur Mars depuis des années concerne la détection du méthane. Le rover Curiosity (NASA) a mesuré de multiples pics de méthane dans des échantillons d’air de surface dans le cratère Gale. La surprise a donc été grande lorsque notre satellite européen TGO est devenu actif à partir de 2018 et n’a pas pu effectuer la moindre mesure de méthane. Le spectromètre à bord du TGO (avion belge NOMAD) est très sensible et détecterait immédiatement les pics de méthane mesurés par Curiosity s’il y en avait. Mais depuis toutes ces années, le satellite n’a mesuré aucun méthane, pas même à proximité du cratère Gale. L’instrument russe indépendant ACS à bord de TGO n’a pas non plus mesuré de méthane. Des explications ont été recherchées, par exemple : il pourrait y avoir un mécanisme jusqu’ici inconnu qui fait que le méthane s’échappant du sol se décompose quasi immédiatement, de sorte qu’il n’est plus détectable après quelques minutes.
L’Institut royal belge d’aéronomie spatiale (BIRA) propose aujourd’hui une autre explication : le méthane mesuré par Curiosity provient probablement de l’engin lui-même, et non de l’air martien. On peut supposer qu’il s’agit d’une contamination provenant de la chambre de pré-option située juste à côté de la cellule d’échantillonnage où l’air martien est mesuré. Elle pourrait aussi être en partie due à la façon dont l’équipe TLS a effectué les analyses des données de mesure, à savoir en mesurant d’abord chaque ligne spectrale distincte du méthane séparément, puis en faisant la moyenne des trois lignes spectrales. Cela permet à la mesure d’être positive même si les trois lignes spectrales du méthane ne sont pas toutes positives.
Il n’y a donc probablement pas eu d’émission de méthane à la surface de Mars pendant la période des mesures ! Pas même juste au-dessus du rover de la NASA. Une affirmation punitive, basée sur l’étude détaillée du dispositif de détection TLS (Tunable Laser SPectrometer) à bord du rover Curiosity. Pour être juste, cette affirmation est satisfaisante. Mais elle écarte bien sûr la petite possibilité que des bactéries souterraines productrices de méthane soient prétendument à l’origine des émissions.
Lis la déclaration de BIRA en cliquant sur ce lien.
