L’échantillon de Mars le plus populaire de Perseverance provient des chutes de Chevaya.

Source : NASA

L’échantillon 22 de Persévérance est un échantillon que les scientifiques ont énormément hâte d’explorer sur Terre après la mission de retour d’échantillon (prévue au début des années 1930). Il présente jusqu’à présent le plus grand potentiel pour découvrir des traces fossiles de vie. Nous te résumons ci-dessous pourquoi.

Enquête approfondie avec SHERLOC et PIXL

L’échantillon a été étudié jour et nuit avec ces deux instruments de Persévérance. Perseverance ne peut pas faire plus que cela au sol. Les choses ne deviendront donc vraiment intéressantes que lorsque l’échantillon sera envoyé sur Terre, ce qui est prévu d’ici environ huit ans par le biais d’une mission de retour européenne. Tu trouveras au bas de ce billet un très bref résumé de ce que SHERLOC et PIXL peuvent observer.

La roche d’où provient l’acier : Les chutes de Chevaya

Cette pierre (100×60 cm) se trouve sur le bord nord de Neretva Vallis, une vallée fluviale de 400 m de large où l’eau s’écoulait autrefois vers le cratère de Jezero. La pierre présente des veines de sulfate de Ca blanc et une roche rougeâtre entre les deux, contenant probablement de l’hématite. Dans la section de l’hématite, on peut voir ce qu’on appelle des taches de léopard : des points blancs avec un bord noir (voir la photo au-dessus de ce billet). Pour l’instant, l’histoire de la formation n’est pas claire.

Selfie de Persverance avec les chutes de Chevaya au centre gauche du rover. Source : NASA.

Échantillon 22

L’échantillon a donc été foré dans la roche des chutes de Chevaya le 21 juillet 2024. Il contient clairement des molécules organiques (SHERLOC), mais on ne sait pas encore si elles sont d’origine biologique. C’est un échantillon complexe qui contient clairement des minéraux hydrosolubles déposés, c’est-à-dire formés dans l’eau. Un scénario possible est le suivant :

  • À l’origine, la roche s’est déposée sous forme de couches de boue contenant des matières organiques.
  • Puis est venue une période de sécheresse et les sédiments ont été cimentés en roche solide.
  • Puis l’eau a recommencé à couler et un nouveau gisement l’a pénétrée : les veines de sulfate de calcium.

Les taches de léopard

Ces « taches de léopard » sont très visibles et mesurent environ un millimètre. Sur Terre, on trouve des motifs fossiles très similaires là où des bactéries ont vécu sous terre. Celles-ci décolorent l’hématite rougeâtre en blanc grâce à leur métabolisme. Elles déposent également un bord sombre en émettant des sulfates et du fer. Le motif sur Mars pourrait donc indiquer le métabolisme de cellules vivantes. Le bord noir ici contient également des phosphates et du fer.

Identification des taches de léopard dans la zone d’hématite et des inclusions d’olivine dans les veines de sulfate. Source : NASA.

Les veines de sulfate de calcium contiennent des particules d’olivine, provenant peut-être de zones plus élevées (en amont) où le magma est remonté à la surface. Cela pourrait éventuellement indiquer que les veines blanches ont été intrudées à des températures très élevées et invivables. Dans ce cas, les plaines de léopards auraient pu se former sans l’intervention d’un métabolisme vivant.

Mais il n’est pas possible d’extraire plus que ces possibilités hypothétiques pour l’instant. Malheureusement, les instruments à bord du rover Persévérance ne peuvent pas enquêter plus profondément. Il sera donc passionnant d’attendre le retour de l’échantillon.

LES INSTRUMENTS SHERLOC ET PIXL

SHERLOC et PIXL sont tous deux montés sur le bras robotisé de 2 mètres de long qui prélève également les échantillons.

SHERLOC : analyse des minéraux et des matières organiques
SHERLOC contient une caméra noir et blanc pour capturer le contexte et une caméra couleur (WATSON) qui peut fournir des images détaillées zoomées de la texture de la pierre et des minéraux. En outre, l’instrument comprend un laser pour chauffer les emplacements exacts sur l’échantillon et un spectromètre pour son analyse. L’instrument est conçu pour :
1) Déterminer en détail la présence de minéraux contenant des éléments CHNOPS.
2) Déterminer l’emplacement exact et le type de molécules organiques ainsi que leur contexte dans la texture environnante.
3) Détecter d’éventuelles biosignatures, sur la base de la combinaison des observations.
PIXL : Carte de composition chimique
PIXL contient un spectromètre de fluorescence à rayons X. Il te permet de déterminer l’emplacement précis et la quantité de produits chimiques présents dans la roche. La résolution de cet appareil est comparable à celle d’un grain de sel. Le site d’observation est d’abord déterminé par une caméra et un laser sur le PIXL. Ensuite, les rayons X sont focalisés sur le point d’intérêt à 0,1 mm près à l’aide de six pattes situées sous l’instrument et contrôlées par l’IA. Après 10 secondes d’observation, le rayon X se déplace de 0,1 mm. Cela permet de créer une carte de la composition chimique de la taille d’un timbre-poste.

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